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Le syndicat des Teamsters conteste le dossier de sécurité du CP

08-02-2009

 18 :07 HNE   
Chères Consœurs,
Chers Confrères,

Vous trouverez ci-dessous la réaction de la compagnie à l’augmentation alarmante du nombre de déraillements sur les voies du CP.

La déclaration la plus éloquente est celle de Mark Seland, responsable des relations publiques pour le CP : « Le CP ne réfute pas le fait que des déraillements se sont produits, mais le nombre d’incidents n’est pas à la hausse. »

Voilà l’essence d’un véritable engagement envers la sécurité de cette société multimilliardaire. Trois déraillements majeurs en l’espace de dix jours... dont deux impliquant des trains transportant des matières dangereuses et un troisième forçant une évacuation à Canmore en Alberta.

Mais bon, les affaires continuent pour le CP.

Vu une telle attitude, ce n’est pas surprenant que la compagnie soit si mal en point. J’espère que Seland ne s’exprimait pas au nom du PDG Fred Green, mais c’était probablement le cas.

Officieusement, on nous indique que le déraillement de Winchester aurait été causé par des éclisses en composite. Cependant, comme l’indique Seland, l’enquête pourrait prendre des mois. Ce que nous savons, c’est que des travaux de remplacement de rails dans la subdivision de Winchester sont prévus depuis 2006 et se font toujours attendre. Nous savons aussi que la sécurité des éclisses (surtout celles en composite) est problématique, mais la compagnie refuse de nous rencontrer pour en discuter. Elle nous oblige plutôt de nous tourner vers Transports Canada pour de l’aide.

Le CP doit cesser de reporter des travaux de renouvellement critiques et commencer à investir davantage dans son infrastructure. Il doit viser l’objectif de faire en sorte que de tels déraillements deviennent inhabituels. Et nous devons veiller à ce qu’il atteigne cet objectif.

N’oubliez jamais que votre sécurité est beaucoup trop importante pour la confier aux soins de la direction.

Continuez de veiller à votre sécurité, demeurez forts et restez unis.

Bill Brehl
Président
CFTC DPEV

Le syndicat et le CP ne s’entendent pas sur le dossier de sécurité après une série de déraillements
Samedi 7 février 2009, 17 h 07 HE

Presse canadienne

TORONTO – Le président d’un syndicat de travailleurs ferroviaires conteste le dossier de sécurité du Chemin de fer Canadien Pacifique après plusieurs déraillements de trains survenus au cours des deux dernières semaines.

Le président du syndicat qui représente les préposés à l’entretien des voies demande au Chemin de fer Canadien Pacifique (TSX:CP) d’investir davantage dans ses voies, mais la compagnie persiste à affirmer qu’elle est une des plus sécuritaires en Amérique du Nord.

William Brehl, président de la Conférence ferroviaire de Teamsters Canada, réclame de la compagnie des investissements après un déraillement de 20 wagons survenu dans l’ouest du Québec.

Personne n’a été blessé lorsqu’un train de marchandises a quitté la voie près de Dalhousie Mills, au Québec, vers 4 heures du matin vendredi. La plupart des wagons étaient vides et quatre autres transportaient des pièces automobiles.

Plusieurs déraillement mineurs et deux déraillement majeurs se sont aussi produits sur les voies du CP à Canmore, Alberta et à Thunder Bay, Ontario depuis la fin de janvier.

« Nous sommes inquiets et croyons que les infrastructures des voies ferrées au Canada ne respectent pas les niveaux de sécurité requis », indique M. Brehl, ajoutant qu’il juge que le dernier incident aurait pu être évité.

Le 3 février, le syndicat a fait parvenir une lettre à Transports Canada pour l’informer qu’il avait raison de croire que la voie sur laquelle circulaient ces wagons était en mauvais état. M. Brehl y a précisé que la réfection de cette même voie était prévue depuis 2005.

« À mon avis, la corrélation est directe. Lorsqu’on cesse de réparer et d’entretenir la voie et continue d’y faire circuler des trains, un déraillement devient inévitable tôt ou tard. »

Cependant, selon le porte-parole Mark Seland, le CP n’aurait reçu aucune lettre ou demande d’entretien sur le sujet.

« C’est irresponsable d’affirmer qu’un accident était inévitable lorsque les causes de l’accident n’ont pas encore été déterminées », soutient-il, avant d’ajouter qu’une enquête peut prendre des jours ou des mois à mener.

Toujours selon M. Seland, le CP ne réfute pas le fait que des déraillements se sont produits, mais le nombre d’incidents n’est pas à la hausse.

« Le Canadien Pacifique est le chemin de fer le plus sécuritaire en Amérique du Nord et l’a été pour 10 des 12 dernières années », précise-t-il, en citant la cote attribuée par la Federal Railroad Administration des États-Unis.

« C’est nous qui avons le nombre le plus bas d’incidents de trains rapportés par année en Amérique du Nord. »

M. Brehl affirme que les déraillements résultent des coupes annoncées par le CP parmi son personnel d’entretien des voies et du matériel roulant.

Mark Seland réplique pour sa part que la société s’occupe de prioriser le travail où il est nécessaire de le faire et que même si il y a eu des coupes, elles n’incluaient pas les travailleurs des régions où ont eu lieu les récents déraillements.

« Sur 25 760 kilomètres et 2000 préposés à l’entretien des voies, les projets peuvent changer quotidiennement. Rien ne pointe vers un assouplissement systémique des pratiques de sécurité. »