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Interview avec Mr. Bouvier

01-04-2009

 09 :09 HNE   
Chères Consœurs, Chers Confrères,

Il y quelques semaines, j’ai organisé un rendez-vous avec M. Robert Bouvier, Président de Teamsters Canada, à Laval, QC. Nous nous rencontrons normalement en tête à tête quatre fois par année pour discuter d’un grand nombre de questions, de la juridiction à l’organisation, des ajustements aux politiques et aux procédures, du développement de stratégies pour des projets et de plans pour l’avenir. Bien que Teamsters Canada respecte l’autonomie de tous les locaux des Teamsters, il reste que Monsieur le Président Bouvier est une excellente source de conseils et d’assistance, et il tient à s’assurer que nous soyons informés et mis à jour sur les changements perpétuels dans le monde des intérêts syndicaux au Canada.

M. Bouvier fut élu pour la première fois à un poste syndiqué en 1969, lorsqu’il était employé par la compagnie Labatt comme camionneur.

Pendant trente (30) années de service dévouées au mouvement syndical, et presque une décennie comme Président de Teamsters Canada derrière lui, Confrère Bouvier, n’a jamais perdu de vue ses principes originaux, ni les hommes et les femmes qu’il représente.

Pendant l’organisation des dates de notre rencontre, j’ai demandé au Président Bouvier s’il aimerait bien répondre à quelques questions pour notre site web. Les temps sont durs et compliqués pour les hommes et les femmes au travail et je pensais que ses opinions au sujet de notre organisation et à propos des questions majeures auxquelles nous faisons face aujourd’hui bénéficieraient nos membres. Il a accepté sans hésitation.

Nous nous sommes rencontrés le 25 mars 2009 et à la fin de nos autres discussions, j’ai placé une enregistreuse digitale entre nous, et je lui ai posé les quinze (15) questions à suivantes.

1. Président Bouvier, Teamsters Canada est une division de la Fraternité internationale des Teamsters, entièrement autonome au Canada. Pouvez-vous nous expliquer rapidement comment cela s’est concrétisé, et nous expliquer quels sont les avantages que vous voyez pour les Teamsters canadiens ?

En 1976, l’organisation qui porte maintenant le nom de Teamsters Canada, a été formée sous le nom de Conférence canadienne des Teamsters. A l’époque, la Fraternité internationale des Teamsters était divisée en quatre régions séparées qui reconnaissaient le besoin pour l’autonomie canadienne. Je crois que c’est en 1992 que le nom a été changé pour Teamsters Canada pour défendre les besoins particuliers des membres canadiens.

En 2001, un accord historique a été réalisé entre la Fraternité internationale des Teamsters et Teamsters Canada ; un accord qui a entraîné l’implantation, à l’intérieur de la constitution de la Fraternité internationale des Teamsters, de l’autonomie pour les membres, des sections locales et des conseils conjoints au Canada, aussi bien que pour le Comité exécutif des Teamsters Canada. Notre autonomie nous permet non seulement la gouvernance de notre propre Comité exécutif, elle nous procure aussi trois Vice-présidents, l’un d’eux étant aussi le Président des Teamsters Canada, qui siègent sur le Comité exécutif international. Teamsters Canada retient aussi 80 % des cotisations au Canada.

En d’autres mots, Teamsters Canada est maintenant une organisation autonome, en restant tout de même affiliée à la Fraternité internationale des Teamsters. Dans les opérations quotidiennes nous sommes une organisation indépendante, quoique nous avons une relation solide et positive avec l’international et le Président général James Hoffa.

2. Une des forces de Teamsters Canada est notre capacité d’effectuer des changements positifs dans la règlementation et l’opinion publique. Quels sont les facteurs auxquels vous attribuez cette force ?

D’abord et avant tout, c’est notre autonomie canadienne qui nous donne la capacité de gérer nos opérations sous les lois du travail exclusivement canadiennes, autant fédérales que provinciales.  Deuxièmement, à ma connaissance, nous sommes le seul syndicat à avoir un lobbyiste à temps plein à Ottawa. Il est extrêmement important de rester à jour sur la politique canadienne, et d’identifier les temps et les endroits propices pour initier les démarches pour mieux représenter et protéger les intérêts de nos membres.

Nous avons aussi un Directeur des communications, qui travaille de très proche avec notre lobbyiste, les locaux, les Conseils conjoints et le Comité exécutif pour assurer de faire passer notre message. Nous identifions un problème, effectuons les recherches nécessaires, nous communiquons clairement et nous nous battons pour obtenir des résultats avantageux.

3. Considérant la force de Teamsters Canada, aussi bien au niveau financier que dans l’engagement de nos membres, de nombreux politiciens cherchent notre appui. Comment déterminez-vous lesquels méritent notre appui ?

Pour commencer, Teamsters Canada n’appuie aucun parti politique en particulier. Nous sommes ouverts et capables de travailler avec les membres de tous les partis pour promouvoir l’agenda du mouvement syndical. Nous soutenons les travailleurs et les travailleuses au Canada et notre responsabilité est d’adresser les politiciens qu’ils ont choisi d’élire. Nous allons soutenir les demandes qui sont dans le meilleur intérêt des hommes et des femmes de ce pays et nous résisterons celles que ne le sont pas.

4. Pendant ces temps difficiles économiquement, on prévoit que les négociations collectives seront particulièrement difficiles pour les syndicats. Comment s’y prépare Teamsters Canada, et de qu’elle manière sommes-nous mieux placés pour gérer la situation ?

Nous sommes très bien situés pour passer à travers cette situation parce que nous avons des chefs syndicaux très forts et très déterminés qui travaillent dans nos locaux, nos divisions et partout dans notre structure. Nous sommes un organisme qui prend ses forces de notre base syndicale et notre pouvoir vient des nos travailleurs et de nos travailleuses. Nos locaux syndicaux sont compétents, bien informés et capables de négocier des contrats décents par ces temps difficiles. De plus, nous sommes renforcés par notre réseau de communication interne solidaire, aussi bien que par la présence de Teamsters Canada, notre communauté de soutien, nous offrant des conseils professionnels et de l’assistance. Nous ne pouvons pas prédire chaque scénario qui pourrait se développer, mais en restants unis comme nous le sommes toujours, nous allons passer à travers la récession. Nous allons en ressortir intacts et avec les meilleurs contrats possibles, comme nous l’avons toujours réussi auparavant, lorsque confrontés par des circonstances difficiles.

5. Le dernier budget du Premier Ministre Harper a été commandé aussi bien que critiqué, pas surprenant considérant la quantité de problèmes qu’il tente d’adresser. D’après vous, qu’elles en sont les forces et les faiblesses ?

Je crois que renforcer l’infrastructure et créer des emplois sont évidemment des points avec lesquels nous sommes d’accord. La dérèglementation des chemins de fer est aussi très importante. Cependant, pour une grande partie du budget, pour voir s’il va réussir ou non, nous allons devoir attendre la progression de la situation économique et voir ce qui va se passer dans le monde bancaire. Nous l’espérons, mais seul le temps peut nous le dire.

Je prends quand même la position que les échecs sont très semblables à ceux que nous avons déjà vus. Le gouvernement va tenter d’aider les grandes entreprises, et va essayer d’aider les banques à leur garantir des prêts, mais va omettre de mettre assez d’emphase sur les problèmes des citoyens canadiens. Même s’il est important de créer des emplois, cela va prendre du temps, et entre-temps plusieurs canadiens ont besoin d’aide. Par exemple, ce budget n’adresse pas assez la réforme de l’Assurance emploi. Il va être difficile de faire bouger l’économie si les individus qui la mènent, n’ont pas d’argent. Au moment présent plus de 50 % des gens qui sont mis à pied n’ont pas droit à l’Assurance emploi, et c’est tout à fait inéquitable. Prendre soin du système et prendre soin des banques est une chose, mais je crois que la première responsabilité du gouvernement est de prendre soin des gens et à ce niveau, le budget a échoué. Les intérêts des hommes et des femmes devraient prendre première place et les intérêts des banques, leur faire suite. Le Premier Ministre aurait pu en faire beaucoup plus pour la majorité des gens et j’espère qu’il le fera.

6. À la suite des fusions des grandes entreprises de plus en plus fréquentes, souvent avec un impact international, on voit facilement un front s’unir contre les mouvements syndicaux. Comment est-ce possible, malgré tout, que Teamsters Canada continue d’accroître le nombre de ses membres et de se diversifier dans les métiers qu’il représente ?

D’après moi c’est extrêmement simple. Nous ne nous arrêtons pas pour nous inquiéter. Nous devons reconnaître les fusions des entreprises mais sans se laisser distraire de nos responsabilités au travail qui restent la représentation et l’organisation. Il y a plusieurs personnes qui ne sont pas syndiquées et les statistiques nous démontrent que 65 % des personnes qui ne le sont pas encore, aimeraient appartenir à un syndicat. Nous devons leur offrir cette opportunité.

 Les employeurs ont toujours pris position contre les syndicats. Quand nous gagnons des salaires décents et des bénéfices favorables à leurs employés, ça veut dire qu’il y a moins d’argent pour des primes de performance et des primes de départ. C’est très simple, leur désir est de voir leurs employés sous-payés et obéissants, notre désir est de voir nos membres traités de manière juste et équitable.

Nous sommes très agressifs dans nos campagnes d’organisation. Nous ne permettons pas aux employeurs de nous effrayer, non seulement pendant le recrutement, mais encore moins à la table des négociations. Nous n’organisons pas simplement ces industries, nous aidons aussi nos membres.  Ce n’est pas simplement une question d’amasser des cotisations syndicales, comme plusieurs employeurs aimeraient vous le faire croire, il s’agit d’être bien représenté. Et les Teamsters sont les meilleurs au monde dans ce domaine.

7. Les banques canadiennes ont eu plus de succès que leurs homologues aux États-Unis pendant notre présente crise financière, pouvez-vous nous expliquer pourquoi nous nous retrouvons dans cette situation favorable ?

Mon opinion personnelle est qu’au Canada notre système bancaire est aujourd’hui encore très conservateur dans son approche. Il y a environ quinze ans, plusieurs financiers internationaux stipulaient que nous étions trop conservateurs dans nos investissements et nos fonds de dépôts. Pendant que la dérèglementation s’est intégrée dans d’autres pays, le Canada a refusé de suivre et maintenant, une décennie et demie plus tard, par la manière dont nous gérons notre système bancaire, nous sommes vus comme un modèle pour le reste du monde. Le Canada prend une position libérale en ce qui à trait aux conditions sociales mais reste encore très conservateur dans les matières financières. Comme on le voit, ceci nous a permis une bonne marge de protection et beaucoup plus de sécurité pour notre économie canadienne.

8. D’après vous, quel sera le résultat de la présente situation économique internationale sur les hommes et les femmes travaillant au Canada ?

J’ai parlé de l’état de ces choses lors d’une conférence la semaine dernière. Si nos dirigeants ont l’intention de tenter une mise à niveau globale, ils ne doivent y arriver en baissant nos salaires et notre niveau de vie. S’ils ont l’intention de pousser un agenda de droite, en utilisant comme excuse notre économie, ils vont voir que ça va se retourner contre eux. Ils vont se faire frapper comme par un tsunami. Dans une société démocratique, nous pouvons démontrer notre désaccord en votant et je crois qu’ici et aux États-Unis, la classe moyenne détient la majorité des votes. Les mouvements politiques ne viennent pas des riches ou des pauvres, ils viennent de la classe moyenne. Les travailleurs et les travailleuses qui ont le plus à perdre sont aussi plus compétents et mieux éduqués qu’ils ne l’étaient auparavant. On ne peut plus profiter d’eux sans qu’ils s’y opposent. Au Canada, je reste assuré que nous allons passer à travers ces phases difficiles. Nous sommes forts et nous avons beaucoup de résistance face aux difficultés. Mais si le gouvernement ou les grandes entreprises, n’agissent pas de manière responsable, nous allons utiliser nos pouvoirs démocratiques pour faire des ajustements au système.

Si notre gouvernement choisit de coopérer avec les travailleurs et les travailleuses, je crois qu’avec un effort soutenu et avec de la détermination, nous allons traverser ces temps difficiles et nous retrouver dans une position plus forte que jamais.

9. Croyez-vous que le Canada est mieux placé que les États-Unis pour en venir à bout de la crise économique? Si oui, pourquoi ?

Je pense que c’est ce que le G-8 et le G-20 sont en train de nous dire, que le Canada est bien placé et, là-dessus je suis d’accord avec eux. Tout d’abord, nous payons notre propre dette depuis déjà 9 à 10 années et nos banques ne sont pas en désarroi, comme je l’ai déjà mentionné. Notre dette par canadien est élevée, mais pas aussi élevée qu’aux États-Unis ou dans plusieurs autres pays européens. Nous sommes aussi plus restrictifs lorsqu’il s’agit de règlementer nos banques et nos institutions financières, un atout qui nous a servi de filet de sécurité formidable. Alors, c’est de cette manière que nous allons naviguer pour la prochaine année, ou plus.

10. Dernièrement nous avons entendu dire, surtout dans l’industrie automobile, que les employés syndiqués devraient faire des concessions et même accepter des baisses salariales pour payer pour les erreurs des Chefs de la direction et des Conseils d’administration, qu’est-ce-que vous en dites ?

Je dirais que c’est toujours la même chanson qui se répète. C’est toujours la même chose. Lorsque tout va bien, les corporations sont des génies et quand cela se gâte, les employés syndiqués font trop d’argent. A chaque fois qu’une entreprise fait d’énormes profits, le Chef de la direction est visible dans les médias et se vante au monde entier. Mais quand ça va mal, il ou elle, retourne à toute vitesse déclarer aux médias et au monde entier que les employés font trop d’argent. Il semblerait que c’est encore une fois la même vieille histoire.

Alors ce que nous devons faire c’est de dénoncer cette situation au grand public. Quand les entreprises déclarent que les travailleurs sont trop payés, il est essentiel pour nous de faire le point que, non seulement les salaires des Chefs de la direction sont plus élevés de milliers de dollars que ceux de leurs employés, mais que les augmentations des pourcentages annuels des primes de départ des Chefs de la direction sont de 30 à 40 fois plus hauts que ceux de la moyenne des travailleurs. Nous devons nous battre contre leurs vieux mensonges fatigués avec toutes les données justes. Les compagnies GM, Ford et Chrysler, par exemple, doivent arrêter de blâmer les salaires de leurs travailleurs pour leurs problèmes et admettre leurs propres erreurs.
Maintenant plus que jamais, le mouvement syndical doit être organisé. Les travailleurs et les travailleuses ont besoin de la protection, de la force et du pouvoir de négociation qu’un syndicat peut leur apporter, surtout pendant que leurs employeurs cherchent des moyens pour couper leurs dépenses en réduisant la main-d’œuvre. Les syndicats ne sont pas le problème. Les travailleurs et les travailleuses ne sont pas le problème. Nous sommes la solution. Nous sommes le moteur qui va permettre à l’économie de fonctionner.

11. Sur les chemins de fer du Canada, nous avons plus qu’une demi-douzaine d’unités de négociation, et la majorité des employés syndiqués sont représentés par Teamsters Canada. Ne serait-il pas plus logique, au lieu de laisser les employeurs monter les groupes les uns contre les autres, d’être tous ensemble, unis et rassemblés, peu importe notre métier ?

Mon opinion à cet égard est que les chemins de fer ont toujours étés astucieux et sournois dans leurs stratégies de négociation. Ils ont plusieurs syndicats et négocient des contrats médiocres avec le plus faible d’entre eux et s’en servent par la suite comme modèle pour les autres. Personne n’est gagnant quand de nombreux syndicats négocient séparément, sauf les entreprises, bien entendu. Les entreprises se joignent souvent pour obtenir plus de pouvoir. Ils savent que plus elles sont grandes, plus elles sont en pouvoir. Pourquoi les syndicats pensent-ils qu’ils peuvent être divisés et rester forts ? Les membres de Teamsters Canada sur les chemins de fer du Canada sont plus de 16,000. Plus la quantité de nos membres est élevée, plus notre force et notre influence prend du pouvoir. C’est aussi simple que cela. Et nous devons tous travailler ensemble. On ne réussira pas d’un coup, ça va prendre du temps et des efforts soutenus. On ne peut changer cent ans d’une culture en une nuit. Mais pour voir des changements positifs, le temps des petits clubs doit tirer à sa fin. Les compagnies ferroviaires ont beaucoup trop longtemps utilisé des techniques pour nous diviser et ensuite prendre le contrôle, pour avoir un avantage ultime sur nous. Nous, les travailleurs et les travailleuses, avons entre nos mains le pouvoir d’empêcher les compagnies de nous monter les uns contre les autres. Si nous n’utilisons pas notre pouvoir pour les arrêter, nous devrons alors assumer la responsabilité de notre échec.

12. Le gouvernement a pris une position beaucoup plus ferme par rapport aux conditions de la sécurité des rails au Canada pendant la dernière année, par la révision de la Loi sur la sécurité ferroviaire et présentement avec l’allocation de millions de dollars à la division des rails de Transport Canada dans le budget courant. Étant donné que Teamsters Canada représente approximativement deux tiers de tous les employés syndiqués sur les chemins de fer au Canada, qu’elle est votre opinion sur la condition du système ferroviaire au Canada ?

Je ne peux pas vous donner avec précision les détails exacts de la condition du système ferroviaire, parce que je ne travaille pas sur les voies. Je suis au courant des témoignages, de nos membres et aux nouvelles, concernant la hausse continue des déraillements et des accidents. Je sais que le gouvernement a pris une position ferme par rapport à la sécurité ferroviaire. Je suis conscient que les travailleurs sur les voies que nous représentons, aussi bien que leurs chefs sont inquiets. Je vous dirais que du point de vue du syndicat, nous devons faire notre possible pour assurer la protection de nos membres et du public. L’impact de la négligence fort probable de la compagnie de chemins de fer est ressenti non seulement par les actionnaires de la compagnie, mais aussi par le public en général. Notre devoir est de représenter les travailleurs.
 
Notre travail consiste à assurer que nos membres ont de bons contrats et qu’ils sont bien représentés dans leur milieu de travail. Mais notre devoir et notre obligation en tant que dirigeants d’un mouvement syndical est de prendre soin des communautés dans lesquelles nous vivons et travaillons. Les entreprises sont supposées faire des profits mais jamais en prenant des risques aux détriments de la sécurité de leurs employés ou du peuple en général.

13. La grande majorité de la marchandise dangereuse que nous transportons à travers ce pays par chemin de fer augmente de jour en jour, et les déraillements sont de plus en plus fréquents. Comment pouvons-nous prévenir une autre catastrophe, comme celle à Mississauga ?

Tout d’abord nous devons aviser notre employeur de nos inquiétudes. Si nous sommes conscients de conditions dangereuses ou d’applications qui ne sont pas sécuritaires, nous devons faire notre possible pour travailler avec l’employeur pour essayer d’effectuer les corrections nécessaires. Si cette démarche échoue, nous devons alors aviser l’organisme de réglementation gouvernemental approprié et demander une intervention de leur part. Et nous devons aviser le public. Si nous savons que certaines situations sont fautives ou que des politiques malsaines mettent en péril la sécurité des gens, nous devons leur faire connaître les dangers. C’est tout, c’est notre devoir. C’est une de nos obligations. Le public est dans ses droits d’être informé. Avec tout à perdre, comment pourrions-nous faire autrement ? Nous devons rester les gardiens de la sécurité sur les chemins de fer.

14. Les travailleurs canadiens des chemins de fer sont syndiqués depuis plus de cent ans et pourtant Teamsters Canada n’a de droits de négociation sur les chemins de fer de CN et de CP que depuis 2004. En moins de cinq ans, Teamsters Canada représente maintenant presque deux tiers de la main d’œuvre syndiquée des chemins de fer canadiens. Que prévoyez-vous pour l’avenir surtout dans les cinq prochaines années, alors que l’influence de Teamsters Canada prend de l’ampleur à l’intérieur de cette industrie ?

Quand on considère le grand nombre de Teamsters sur les chemins de fer, nous sommes évidemment les grands joueurs de ce jeu. Nous avons la responsabilité d’être les meilleurs représentants possibles pour nos membres. Si nous faisons cela, tout le reste va suivre. Tout viendra à l’ordre. Qu’est-ce-que j’anticipe pour l’avenir ? Je nous vois progresser et grandir en nombres et en force, comme le font les Teamsters au Canada aussi bien qu’internationalement. Nous allons gagner du terrain et continuer de fournir nos services à nos membres. Comme vous le savez, la représentation dans les tranchées, comme on le dit, est la tâche la plus importante que nous avons à remplir. Nous devons continuer de gagner des contrats progressifs qui améliorent la qualité de vie de nos membres et qui établissent les normes que nous devons maintenir.

Nous sommes des Teamsters. Nous avons un héritage et une histoire à préserver et un avenir à gagner. Les belles paroles et de beaux discours ne réussiront pas, mais un travail assidu et un service honnête vont nous garantir notre succès. Continuez à encourager la participation des membres, entretenez des liens solides et soyez clairs dans vos communications et n’oubliez jamais les hommes et les femmes pour qui nous travaillons.

Vous n’avez qu’à regarder les acquis et les réalisations que nous avons faits depuis les cinq années que les Teamsters sont sur les chemins de fer au Canada. Croyez-moi, continuez et vous en verrez de plus en plus. Les Teamsters est le syndicat le plus puissant et le plus démocratique au monde entier depuis plus de cent ans et nous avons l’intention de le rester pour encore des centaines à venir.

15. Merci pour votre temps et votre perspicacité. Y a-t-il autre chose que vous aimeriez ajouter que nous n’avons pas encore touché ?

J’ai bien apprécié cette opportunité pour partager quelques unes de mes pensées avec vous et avec vos membres et j’aimerais bien vous laisser avec cette pensée :

Le drapeau canadien est un symbole de l’unité de notre pays, parce qu’il représente, sans aucun doute, tous les citoyens du Canada, sans faire de distinction entre les races, les langues, les croyances et les opinions. Le syndicat des Teamsters sert aussi de symbole unifiant pour les travailleurs et les travailleuses. L’acheminement de notre syndicat à travers le 21e siècle sera renforcé par la collaboration continue de nos membres en tandem avec une direction dynamique et compétente. Avec une croissance continue du nombre de nos membres, nous pourrons maintenir nos forces face aux attaques contre les travailleurs et les travailleuses et nous mènerons la lutte du milieu du travail et de la table des négociations, jusqu’ à la Colline parlementaire du Canada… pour assurer pour eux la protection de leurs droits, de leur dignité et du droit de se faire entendre.