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Suggestions pour améliorer le contrat chez CP

06-04-2009

 09 :38 HNE   
Chères Consœurs, Chers Confrères,

J’aimerais vous rappeler que les négociations avec le CP débutent en juillet. Si vous avez des suggestions pour améliorer le contrat, veuillez les faire parvenir à l’exécutif de votre section locale, à votre directeur régional ou à mon bureau (par fax au 613-526-5149 ou sur le site: wbrehl@tcrcmwed.ca).

Nous avons mis en place un groupe de discussion bénévole, avec deux douzaines de membres choisis partout au pays, divisé en quatre (4) groupes, qui travaille sur ces demandes. Vers la fin du mois prochain, nous devrions avoir presque terminé de compiler la liste, après avoir éliminé les répétitions et avoir fait les derniers ajustements. Nous aurons aussi mis au point notre équipe de négociation et nous préparerons les demandes pour les présenter au Conseil exécutif pour son approbation.

Cette année sera une année difficile pour les négociations. Il n’y a aucun doute. L'état actuel de l'économie, tant à la maison qu’à l'étranger, va sans aucun doute influencer les stratégies des deux partis.

Lorsque j'examine le mémorandum le plus récent, émis par la haute direction de CP, je suis d'accord avec les analystes qui disent qu'il existe un "air de désespoir" entourant cette entreprise. Ils ne dégagent pas autant de confiance que les autres chemins de fer et semblent réagir de façon confuse, en appliquant des mesures pour réduire les dépenses, en même temps qu’ils gaspillent des énormes montants d’argent dans d'autres domaines. Je ne peux qu’espérer, comme tous les actionnaires, qu'ils vont bientôt trouver un équilibre et qu’ils vont commencer à appliquer une approche cohérente. Si non, vous pouvez être certains que les effets en seront ressentis, aussi bien pendant les négociations.

Nous constatons que nos équipes d'entretien, ainsi que l'infrastructure des projets de rénovations, sont coupés bien au-delà de ce que nous considérons raisonnable et sécuritaire. Ils réduisent les ateliers diesel et de réparation partout au pays et des centaines d'emplois ont été coupés dans les départements mécaniques et des employés itinérants. Et tout ceci se passe alors que le CP continue à faire des profits considérables. Beaucoup de gens croient que la récession, qui touche encore plus profondément de nombreuses autres industries, peut s’aggraver avant de s’améliorer.

C'est la réalité du monde dans lequel nous vivons maintenant. Toutefois, je crois que pour passer à travers, nous avons besoin d’un stimulant. Pas nécessairement pour les banques, les entreprises ou les riches... mais des échelons les plus bas aux plus hauts.

Comme beaucoup d'économistes, je crois que pour nous sortir de cette récession, les entreprises et le gouvernement ne peuvent pas affamer les travailleurs et les travailleuses. C’est très simple. Nous avons besoin d'argent pour acheter la marchandise des entreprises qui engagent les chemins de fer pour transporter leurs biens. La dernière personne qui devrait souffrir d’une perte de salaire est le consommateur. Aussitôt que le consommateur ne peut plus se permettre de payer pour les produits ou les services, le système tout entier s'effondre.

Je pense également que la plupart des gens raisonnables (y compris ceux qui sont en position d’autorité) en sont conscients et que, même si certaines entreprises vont prendre des mesures irraisonnables, une attitude calme et réfléchie s’imposera. Faire autrement serait aux détriments de leurs entreprises, à nous tous et à notre mode de vie.

Je prends la même position que les Présidents directeurs généraux (PDGs) et des Conseils d'administration, qu'il va falloir se serrer la ceinture. Mais pas à notre niveau. Nous avons fait cela pendant des années. Nos ceintures sont maintenant tellement serrées qu'elles ont passé la dernière encoche. Ces resserrements devront se faire dans les bonis de rendement de six, sept ou huit chiffres.

Et je parle de changements réels, honnêtes, et considérables. Au lieu de mises à pied temporaires des employés syndiqués, pourquoi ne pas mettre en place un arrêt temporaire de tous les bonis et des primes de rendement, à part des salaires et des programmes du partage des objectifs, pour toute la direction? Et limiter leur programme du partage des objectifs à un maximum de 5%, comme le nôtre. Une année de ces mesures ferait probablement économiser plus d'argent que toutes les mises à pied, dans tous les départements, pour les cinq prochaines années ou plus. Au lieu de couper des postes essentiels, choisissez de sacrifier temporairement, pour le bien de l’entreprise, les bonis de rendement exorbitants.

On se débarrasse des avions privés au lieu de rationner l'eau. Je crois qu’il est possible de voler tous les jours de l'année sur Air Canada pour une fraction des coûts d’être propriétaire de l’avion. De plus il serait possible d’accumuler des points Air miles qui pourraient être appliqués plus tard à d’autres vols.

On peut demander aux superviseurs et aux gérants de stationner leurs camions sur la propriété de la compagnie après les heures de travail et ils peuvent utiliser leurs propres véhicules pour rentrer chez eux, comme le reste d’entre nous. Il y a des centaines de véhicules partout dans le pays qui brûlent des milliers de litres d’essence, lorsque les superviseurs retournent à domicile ou ailleurs pour des affaires personnelles, après les heures de travail. Je pourrais comprendre s’ils utilisaient les véhicules pour rentrer chez eux, en réponse à des urgences, la nuit, mais le voyage le plus éloigné qu’ils vont faire à deux heures du matin, est de se retourner pour appeler le contremaître (qui doit conduire son propre véhicule à la remise des outils, pour aller chercher le camion de la compagnie). M. Winter a parlé dans sa lettre de ses inquiétudes pour l'environnement en fournissant de l'eau embouteillée, mais ces bouteilles sont recyclables. On ne peut pas recycler toutes ces émissions de combustibles fossiles.

En tout et pour tout il y a beaucoup de coupures des dépenses qui peuvent être réalisées au niveau de la direction et c'est peut-être dans ce sens qu'ils devraient tourner leur attention, au lieu de viser les travailleurs et les travailleuses qui inspectent et maintiennent leur infrastructure, alors qu'elle se détériore autour d'eux. Ou bien, au lieu de couper les emplois des gens qui inspectent et qui maintiennent l'équipement, au sujet duquel l'entreprise distribue des alertes de sécurité concernant des morceaux de roues cassées, trouvés près des voies. En ce qui concerne ces énormes morceaux retrouvés, je pense qu'il est nécessaire de passer directement à l’action au lieu de simplement dire aux gens d’être «extra-vigilants». Ils devraient peut-être rappeler et engager de nouveau quelques-uns des inspecteurs.

Indépendamment de tout ce qui a été dit ci-dessus, cette entreprise ressent les difficultés financières présentes, surtout avec la dette gigantesque qu’elle porte depuis certains achats, comme par exemple le DM&E. Il est possible de confronter les crises de manière confiante, cohérente et rationnelle, mais il existe aussi l'alternative de rechercher des gains à court terme par des plans insensés. Peu importe la méthode qui sera choisie, la compagnie sera surveillée de près par le secteur public et par les actionnaires et, quelque soit le chemin qu’elle va prendre au cours des prochaines années, elle va en ressentir les conséquences pour des années (et peut-être même des décennies) à venir pour le meilleur ou pour le pire.

Continuez de veiller à votre sécurité, demeurez forts et restez unis.

Bill Brehl
Président
CFTC DPEV