Chères Consoeurs, Chers Confrères,
Tout récemment sur la voie de service du Manitoba, une voiture de contrôle des rails (Sperry car) a détecté plus de 300 défauts sur la voie d'une subdivision. Sur une seule subdivision !! Chacun de ces défauts crée une situation dangereuse aussi bien que la possibilité d’un déraillement.
Il est probable que cette preuve de la mauvaise condition de la voie était vraiment trop considérable pour faire effectuer à temps les travaux de réparation par les équipes de cantons en place. Il y a aussi des horaires établis spécialement pour déterminer quand ces défauts doivent être réparés, et leur nombre étant si élevé, je peux comprendre l‘inquiétude de la compagnie (ressemblant possiblement à de la panique). Mais c’est aussi un signe de la sérieuse pénurie au niveau de la main d’œuvre.
Cependant, si les horaires étaient le problème, les décisions arbitraires prises par la compagnie n’ étaient définitivement pas le meilleur plan d’action. Ils ont décidé d’utiliser les cantons d‘autres subdivisions et de forcer ces cantons à rester éloignés de leurs domiciles et de leurs familles, jusqu’à la réparation de ces défauts. Par la suite, ils les ont tous forcés a travailler une journée de huit heures (sans heures supplémentaires), les obligeant à rester sur place pour la semaine entière.
Ce n’est pas une question d’ heures supplémentaires, c’est une question de main d’oeuvre. Nous devons nous poser la question pour comprendre si ces défauts sont causés par la pénurie de la main d’œuvre parce que les postes vacants ne sont pas postés ou bien sont-ils possiblement causés par les mises à pied récentes? Sont-ils causés par les restrictions budgétaires qui ne permettent non seulement aux travaux importants d’être effectués, mais qui empêchent aussi la disponibilité essentielle du matériel et de la main d’œuvre?
Je peux comprendre que des mesures pour réduire les dépenses doivent possiblement être mises en place, mais pas si elles représentent un danger pour la sécurité de l’infrastructure, les vies de nos membres, et la sécurité de l’ensemble du public.
Les compression budgétaires ont été amorcées et ont été entamées sans heures supplémentaires, en plus de mises à pied, laissant les équipes réduites au minimum. On ne semble pas du tout avoir pensé aux employés, à leurs familles, ni au texte de la convention collective établi d’un accord commun.
Le concept des cantons et des équipes de cantons existe depuis longtemps au sein du Canadien Pacifique, et forme un ensemble considérable de droits et d’obligations qui ont étés négociés au fil des années par le syndicat et la compagnie dans la convention collective.
Les termes suivants : « la prise et la fin de service des employés qui ne vivent pas dans des hôtels, des motels, des voitures-logements ou d’autres logements mobiles se font aux remises d’outillage et aux ateliers désignés » (cela étant leur unité d’affectation affichée) sont un des piliers de la vie des cantons.
Il ne s’agit pas d’une nouvelle idée (bien que les gens qui l’interprètent du côté de la compagnie le sont peut-être). Elle existe au sein de la convention collective et est appliquée en pratique, pour aussi longtemps que je puisse me rappeler.
Dans l'intérêt d’établir des meilleures relations de travail, j'ai essayé de faire corriger la situation par la compagnie. Toutefois, je n’ai eu aucun succès. Il semblerait qu'il s’agit d’une situation « travailler maintenant, se plaindre ensuite ». Eh bien, la situation se présente actuellement et nous avons présenté un grief. J'espère que la compagnie se rend compte qu'à court terme les économies sont toujours égales à une dette à long terme.
Il s’agit de beaucoup plus qu’un simple grief; c'est un problème de sécurité grave, ainsi qu'une question très importante de qualité de vie. Il est extrêmement alarmant de trouver autant de défauts sur une subdivision et semble devenir de plus en plus la norme.
Il y a une autre question que nous devons aussi nous poser. Qui maintient la voie abandonnée par la compagnie depuis qu’elle a déplacé toutes ces équipes de cantons dans une subdivision ? Les trains transportent encore de la marchandise dangereuse sur ces voies, et il n'y a personne en place pour en garantir la sécurité, qui déjà en déclin.
Je connais les travailleurs de ces cantons et ils continueront à travailler fort, tout comme ils le font fidèlement depuis plus de vingt ans. Lorsqu'ils pourront enfin retourner aux limites de leur canton (en espérant que ce n’est pas grâce à un déraillement), ils maintiendront les voies qui ont été négligées pour les deux dernières semaines. Ils vont reprendre le dessus et encore une fois être fiers du travail qu'ils font. Et ils vont espérer et prier que le mépris apparent de cette compagnie pour la sécurité des voies n’aura pas de conséquences tragiques.
Confrères et Consoeurs, maintenant plus que jamais… alors que nos nombres sont réduits et que la compagnie continue à couper les programmes de renouvellement des voies, tout en refusant d'investir suffisamment dans les matériaux, la machinerie et la main d’oeuvre … vous devez être extrêmement vigilants.
Vous devez être vigilants face à l’état dangereux des voies et aussi face à la possibilité que l’on essaie de vous convaincre de mettre en place des procédures de travail fautives. Vous devez rester aux aguets face aux tentatives de contourner la convention collective qui bénéficient la direction et qui empiètent sur vos droits et vos privilèges.
Mais vous devez être particulièrement vigilants et remarquer chaque circonstance qui pourraient mettre en péril vos collègues de travail ou votre santé personelle et votre sécurité.
Il est entendu que vous avez un travail à effectuer pour la compagnie. Mais ce qui importe encore plus est de ne jamais oublier que vous êtes avant tout responsables pour vous-mêmes et pour votre famille.
Fraternellement,
Gary Doherty
Directeur de la région des prairies
CFTC/DPEV