21-04-2009
15 :00 HNE
Chères Consoeurs, Chers Confrères,
Les secouristes sont absolument indispensables dans notre milieu de travail, uniquement parce que les travaux que nous devons exécuter sont dangereux. Le nombre d’accidents du travail chez le CP, surtout dans les groupes syndiqués non-itinérants, se trouve souvent au dessus de la moyenne nationale. Ceci est en grande partie causé par le type de travail qui doit être effectué, et non pas par les membres eux-mêmes.
A de nombreuses reprises, les secouristes bénévoles ont soigné nos blessures, ont sauvé nos vies et ont réconforté dans leurs derniers moments ceux et celles qui par la suite, ont succombé à leurs blessures.
Nos secouristes bénévoles exécutent ces tâches particulièrement bouleversantes mais indispensables, uniquement parce que leur apport est irremplaçable. Ils ne sont pas payés en surplus; il n’existe pas de boni de compensation pour alléger la souffrance et sauver des vies. Leur entraide est essentielle alors ils se portent volontaires. Que Dieu les bénisse , nous leurs sont tous très reconnaissants.
D’autre part, la compagnie gagne financièrement par la détermination des nos membres d’assumer de leur propre gré le rôle de « gardien de mon frère ou de ma sœur » A voir, les exigences réglementaires de la Partie II du Code canadien du travail :
La section 125(1) du Code stipule :
Dans le cadre de l’obligation générale définie à l’article 124, l’employeur est tenu, en ce qui concerne tout lieu de travail placé sous son entière autorité ainsi que toute tâche accomplie par un employé dans un lieu de travail ne relevant pas de son autorité, dans la mesure où cette tâche, elle, en relève :
h) de fournir les installations de premiers soins et les services de santé réglementaires.
La section 126(3) du Code stipule :
L’employé n’encourt aucune responsabilité personnelle pour les actes — actions ou omissions — qu’il accomplit de bonne foi à la demande de l’employeur en vue de l’exécution des obligations qui incombent à ce dernier en matière de premiers soins et de mesures d’urgence sous le régime de la présente partie.
La section 148(1) du Code stipule:
Sous réserve des autres dispositions du présent article, quiconque contrevient à la présente partie commet une infraction et encourt, sur déclaration de culpabilité :
a) par mise en accusation, une amende maximale de 1 000 000 $ et un emprisonnement maximal de deux ans, ou l’une de ces peines;
b) par procédure sommaire, une amende maximale de 100 000 $.
Voici les articles pertinentes du Règlement canadien sur la santé et la sécurité au travail :
PARTIE XVI
PREMIERS SOINS
Secouristes
16.3 (1) L’employeur doit veiller à la présence d’un secouriste dans un lieu de travail où se trouvent au moins six employés à un moment quelconque.
(2) L’employeur doit veiller à la présence d’un secouriste dans un lieu de travail isolé où se trouvent au moins deux employés à un moment quelconque.
(3) Dans un lieu de travail où un employé travaille sur un outillage électrique à haute tension, l’employeur doit veiller à la présence :
a) soit d’un secouriste à proximité;
b) soit d’au moins un employé ayant reçu la formation nécessaire pour pratiquer la respiration artificielle bouche-à-bouche, la réanimation cardio-respiratoire ou une méthode directe de réanimation équivalente.
(4) L’employeur doit veiller à ce que les secouristes répondent aux exigences minimales suivantes :
a) si le lieu de travail est un bureau et que le délai d’intervention ambulancière est :
(i) d’au plus deux heures, être titulaire du certificat de secourisme élémentaire,
(ii) de plus de deux heures, être titulaire du certificat de secourisme général;
b) si le lieu de travail est un lieu autre qu’un bureau ou un lieu de travail en milieu sauvage, et que le délai d’intervention ambulancière est :
(i) inférieur à vingt minutes, être titulaire du certificat de secourisme élémentaire,
(ii) d’au moins 20 minutes et d’au plus deux heures, être titulaire du certificat de secourisme général;
c) si le lieu de travail est en milieu sauvage, être titulaire du certificat de secourisme général et avoir reçu une formation de secourisme en milieu sauvage spécialement conçue pour les personnes qui y travaillent, vivent ou voyagent.
Comme vous pouvez le constater, cet employeur d’une valeur d’un milliard de dollars, doit veiller à la présence des secouristes. Ce n’est pas un geste de bonne volonté de la part de la compagnie … c’est une obligation en vertu de la loi, avec des pénalités claires de non-conformité aux réglementations. Donc, en faisant exécuter ces tâches par nos membres sans compensation, la compagnie répond aux exigences sans frais additionnels. Imaginez-vous s’ils devaient payer des secouristes dévoués… les coûts grimperaient en flèche . Et n’oublions pas de mentionner les amendes, s’ils se trouvaient en position de non-conformité aux réglementations.
Cependant, comme nous l’avons mentionné ci-haut, nos membres assument la responsabilité pour les premiers soins et appliquent volontairement les mesures d’urgence, pas nécessairement pour aider la compagnie à remplir ses obligations, mais plutôt parce que nous voulons administrer les meilleurs soins à nos travailleurs et à nos travailleuses.
L’hépatite B est une maladie du foie causée par le virus Hépatite B (VHB). La maladie peut être assez légère ne durant qu’une couple de semaines ,mais elle a aussi le potentiel de devenir sérieuse et chronique et mener à la cirrhose du foie ou au cancer du foie.
La transmission se fait par contact étroit avec du sang infecté ou d’autres sécrétions biologiques. La meilleure protection contre ce virus est le vaccin de l’hépatite B et il faut bien sûr se nettoyer correctement avoir été exposé. Ce vaccin est recommandé pour tous les nourrissons, les enfants et les adolescents qui n’ont pas étés vaccinés au préalable, et pour les adultes à risque d’une infection VBH.
Le secouristes bénévoles au CP nous ont dit que lorsqu’ils ont pris leurs cours de base en secourisme, financés par la compagnie, l’instructeur leur a recommandé de se faire vacciner. Ceci en raison de la probabilité qu’en tant que secouristes, ils entreraient certainement en contact avec du sang au cours de l’administration des premiers soins à un travailleur blessé.
Le coût des trois (3) injections nécessaires pour fournir une immunisation de cinq (5) ans, est un peu plus de cent dollars.
La compagnie a récemment commencé à refuser de rembourser les secouristes bénévoles, qui ont reçu les injections. Nous avons rapporté ceci à la compagnie, aussi bien qu’aux vice-présidents Pozzobon et Cunningham, aussi bien qu’au Comité général de sécurité et de santé. Nous avons clairement formulé que cette requête de remboursement ne visait pas tous les employés mais seulement les secouristes bénévoles qui avaient demandé le vaccin.
Ils ont quand même refusé, en intimant que le risque n’était pas assez grand pour justifier les coûts.
Il semble que le CP a une politique qui permet à TOUS les policiers du CP de se faire rembourser pour ces injections (pour une raison quelconque), mais ne le permet pas à nos secouristes bénévoles.
Nous trouvons beaucoup à redire et le moindre risque pour votre santé qui peut facilement être atténué est à notre avis trop élevé et nous ne pouvons pas le tolérer.
Si nos membres ne remplissent pas volontairement les postes de secouristes, la compagnie est tout de même tenue de veiller à leur présence, et peut-être même avec des secouristes contractuels à temps plein.
Lorsqu’on considère qu’en acceptant volontairement de prendre le poste de secouriste, un membre sauve des milliers de dollars en exigences réglementaires à la compagnie, il est stupéfiant qu’elle force ces membres à payer pour leur propres vaccins. Un vaccin qui ne coûte que vingt et un (21) dollars à la compagnie par année. On pourraient encore réduire ce coût en faisant administrer les injections par les médecins ou les infirmières, ou bien par le personnel du département de santé et de sécurité, permettant même un achat en grande quantité à prix réduit.
Nous réalisons que tout ce que vous désirez c’est de pouvoir aider vos amis s’ils se blessent au travail. Il ne devrait jamais y avoir de répit dans l’administration des premiers soins à un travailleur ou une travailleuse blessés. La raison pour ces réglementations est de prévenir ces délais. Vous n’êtes pas obligés de vous porter volontaires, et on ne peut pas vous forcer, vous contraindre ou vous intimider en vue d’accepter le rôle et la responsabilité de secouriste.
La compagnie doit encore remplir ses exigences réglementaires et assurer la présence de secouristes sur les lieux de travail.
Aussi longtemps que la compagnie vous force à payer pour votre protection contre l’hépatite B, ou toute autre maladie communicable ou tout autre danger, vous devez refuser. Vous ne devriez jamais être obligés de payer pour protéger votre santé, juste pour satisfaire les exigences réglementaires de la compagnie.
Si vous avez choisi de ne pas être secouriste, nous allons nous assurer que la compagnie se conforme aux règlements. Nous allons nous assurer que le CP veille à la présence d’un nombre suffisant de secouristes. Et nous persisterons dans nos efforts pour faire changer cette politique par les hauts échelons de la direction afin de sauvegarder votre santé.
Nous espérons que la compagnie va changer sa position face à ce problème et qu’elle va commencer à apprécier l’assistance loyale que vous leurs offrez, mais malheureusement, nous sommes méfiants. Il est fort probable qu’ils vont maintenir les réductions des dépenses en vous demandant de persister à porter le fardeau.
Dans la situation présente, toutefois, nous avons le choix, et nous vous prions de faire le bon choix. Votre santé, votre vie, et votre famille sont plus importants que de faire sauver quelques dollars au CP.
Votre sécurité est beaucoup trop importante pour la laisser entre les mains de la compagnie.
Solidairement,
William Brehl
Président
CFTC DPEV
Tom Murphy
Président
TCA Section locale 101
Brian Strong
Président général de réseau senior
Conseil No. 11, FIOE