25-03-2010
13 :57 HNE

Budget fédéral
Encore une fois cette année, Teamsters Canada a été invité au huis clos prébudgétaire du gouvernement fédéral. L’atmosphère dans la salle était étonnamment optimiste malgré un déficit de 54 G $ annoncé pour l’année et la prévision d’une augmentation de la dette de l’ordre de 110 milliards $ d’ici cinq ans.
Au cours des cinq prochaines années, les réductions d’impôts consenties aux entreprises coûteront aux contribuables canadiens plus de 60 G $. Jamais n’est-il arrivé dans notre histoire qu’un si grand nombre de Canadiens ne s’endettent autant au profit d’aussi peu de personnes. Déjà, certaines entreprises se targuent de pouvoir dégager une plus grande marge de profits dès l’an prochain grâce à ces réductions d’impôts.
« Cette augmentation des profits ne doit pas se traduire par des pertes d’emplois et le recul des conditions des travailleurs, met en garde le président de Teamsters Canada, Robert Bouvier. Le mouvement syndical ne peut tolérer que les Canadiens s’appauvrissent au profit d’une poignée de dirigeants puissants. »
Teamsters Canada demande une pleine reddition de comptes sous la forme d’un « bulletin de rendement » pour les contribuables. Les réductions d’impôts doivent mener à la création d’emplois et l’augmentation des revenus; elles ne doivent pas se traduire par une hausse des profits et une majoration des salaires des dirigeants comme on l’a trop souvent vu au cours des dernières années.
La classe moyenne en mode survie
La classe moyenne canadienne lutte pour maintenir ses acquis et son pouvoir d’achat. La crise économique qui a secoué les institutions bancaires a eu des conséquences dramatiques sur les travailleurs.
Nous savons que cette crise est directement attribuable à la mauvaise gestion de fonds et à la voracité de certains dirigeants du monde financier. Pourtant, Teamsters Canada avait annoncé dès 2005 qu’une crise allait frapper le monde occidental et que les gestionnaires de portefeuilles et les capitaines d’industries avaient intérêt à mettre de côté l’économie de la profitabilité à très court terme et la remplacer par une gestion responsable à long terme. Bref, moins de profits, mais une meilleure santé financière.
Force est de constater que ce ne fut pas le cas et que les signaux émis par de nombreuses organisations de défense des droits des travailleurs, de même que ceux de certains gestionnaires de fonds, n’ont pas été entendus.
« Des dizaines de milliers de travailleurs subissent encore les contrecoups de cette crise, ajoute Robert Bouvier. Je veux bien croire le gouvernement fédéral lorsqu’il annonce qu’une reprise se pointe à l’horizon, mais il devra s’assurer qu’un tel scénario ne se reproduise pas. »
Les régimes de retraite sont en danger
La classe moyenne a non seulement subit de plein fouet les conséquences de la crise économique, mais elle subira possiblement, dans une proche avenir, les impacts de la mauvaise gestion des régimes de retraite et la désinvolture de certaines entreprises canadiennes à cet égard.
La manifestation organisée conjointement par le syndicat des Teamsters et plusieurs autres organisations syndicales à Ottawa ont rappelé aux Canadiens que les prestations de retraite issues des régimes privés sont en danger. Cette manifestation a permis à des centaines de travailleurs de Nortel et de Flextronics, les travailleurs de cette dernière étaient représentés par le syndicat des Teamsters jusqu’à sa fermeture, de faire entendre leurs inquiétudes dans les médias et a forcé les politiciens à prendre position à ce sujet.
Pour une troisième fois en l’espace d’un an, Teamsters Canada a été invité à se prononcer sur la question des régimes de retraite devant le Comité permanent des finances qui entreprend un processus qui mènera à l’annonce par le gouvernement d’un examen de ces régimes un plus tard cette année. Un consensus semble se développer autour de la position de Teamsters Canada voulant que les prestations de retraite soient constituées de revenus de travail reportés et doivent donc être protégées comme elles se doivent.
Teamsters Canada appuie des réformes qui obligeraient les promoteurs de régimes de retraite à investir prudemment dans des obligations pour éviter le plus possible l’incertitude des actions. Il va sans dire que nous appuyons d’éventuels projets de loi visant à accorder aux régimes de retraite le statut de créancier prioritaire en cas de faillite.
Il faut donner la priorité aux salaires et avantages sociaux des travailleurs en cas de faillite de leur employeur. Ainsi, nous attendons la tenue des prochaines consultations et appuierons les réformes nécessaires visant à protéger pleinement les régimes de retraite des travailleurs.
En fait, l’un de nos objectifs sur la Colline parlementaire est de nous assurer que les politiciens gardent en tête que des régimes de retraite viables constituent un moyen sûr pour éviter l’appauvrissement des ainés. Des régimes de retraite privés sains auront également l’avantage d’enlever une pression considérable sur les régimes de retraite publics.
« La question qui est sur toutes les lèvres à Ottawa, à l’heure actuelle, est « comment protéger les régimes de retraite des travailleurs ? », termine le président de Teamsters Canada. Nous allons continuer à faire entendre le point de vue de nos membres, et ceux des travailleurs en général, et faire en sorte que les politiciens ne les oublient pas.
Le syndicat des Teamsters représente 125 000 membres au Canada dans tous les corps de métiers. La Fraternité internationale des Teamsters, à laquelle Teamsters Canada est affiliée, compte 1,4 million de membres en Amérique du Nord.