La sécurité ferroviaire – Pourquoi ne pouvons nous pas viser plus haut ?
05-04-2010
10 :26 HNE
Le 5 avril 2010
Des révisions de la sécurité ferroviaire suite aux déraillements.
Ottawa Citizen le 2 avril 2010
Le déraillement d’un autre train de marchandises du CN à Pickering le 30 mars dernier est un incident de plus qui s’ajoute à une longue liste de déraillements, d’accidents de croisements et de collisions qui ont tourmenté les deux principales compagnies de chemin de fer canadiennes depuis 1999 quand Transports Canada a en grande partie abandonné ses responsabilités en surveillance règlementaire.
Dans un effort pour améliorer la sécurité dans l’industrie ferroviaire, William Brehl, président de la Conférence ferroviaire de Teamsters Canada, division des préposés à l’entretien des voies, a déclaré ‘Ne pouvons nous pas viser plus haut? Ne pouvons nous pas essayer d’être plus sécuritaires? Aussi sécuritaires que les chemins de fer en Europe? Notre but ne pourrait-il être de voir seulement un déraillement par semaine ou par mois, au lieu d’un par jour au Canada?
Cette situation désolante va à l’encontre de toute logique et tout sens des affaires et est un affront à toutes les initiatives et les objectifs visant la prospérité économique.
En tenant compte de la situation déplorable et désolante de la sécurité ferroviaire dans ce pays, caractérisée par une politique publique imparfaite, l’apathie du gouvernement fédéral, et une industrie motivée seulement par les profits qui méprise la sécurité des travailleurs et des travailleuses et du public, ce n’est qu’une question de temps avant que ce pays ne connaisse un désastre ferroviaire de la même envergure que la tragédie terrible survenue à Mississauga ON, le 10 novembre 1979 quand un train de marchandises du Canadien Pacifique de 106 wagons a déraillé. Pour faire suite à l’explosion subséquente, quand un des wagons-citernes transportant du propane a explosé causant un feu déchaîné et, parce que d’autres wagons-citernes transportaient du chlore, la décision a été prise d’évacuer la région dans une des plus importantes évacuations sans antécédents en temps de paix. Près de 220,000 résidents ont été déplacés.
Cet incident a causé des dommages majeurs aux propriétés et à l’environnement, des pertes économiques sans précédent et une saignée des services d’urgence (police, feu, médicaux) et des déplacements de communautés. Une commission d’enquête a été constituée sous la direction du juge Samuel Grange de la cour d’appel de l’Ontario pour mener une enquête sur le déraillement. Le rapport Grange sur l’enquête sur l’accident ferroviaire à Mississauga a été publié le 19 janvier 1981.
En décembre 2006, en réponse à une série de déraillements sérieux, le ministre des transports à l’époque, Lawrence Cannon a établi un comité consultatif pour réviser la loi sur la sécurité ferroviaire. Le 7 mars 2008, le rapport sur la sécurité ferroviaire a été déposé à la Chambre des communes. Les médias y ont porté très peu d’attention même s’il a été déposé suite à deux déraillements dans le sud de l’Ontario. Ce rapport présentait au dessus de 50 recommandations pour améliorer la sécurité ferroviaire dans ce pays. A ce jour, une seule des recommandations a été appliquée par notre gouvernement. Et cela représente quoi par rapport à un engagement à l’amélioration de la sécurité ferroviaire? On n’en sait rien.
Un autre Mississauga. La seule question est quand et comment va se produire ce désastre ?
Emile Therien, Ottawa (Emile Therrien est l’ancien président du conseil canadien de la sécurité. Il est couramment le président de PIP-Progress Intelligently Planned, qui fait la promotion de ses services aux organismes à but non lucratif et aux petites entreprises. M. Therrien reste un porte-parole très recherché et respecté sur la santé et la sécurité du public).