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Le différend entre le CFCP et Pershing

04-01-2012

 09 :56 HNE   

Voici la lettre datée d’hier rédigée par John Cleghorn, le président du conseil d’administration du Canadien Pacifique adressée à Bill Ackman  (PDG de Pershing Square) publié dans les journaux d’où il en a pris conscience.  La réplique de M. Ackman qui dénonce sans retenue les erreurs contenues dans la lettre de M. Cleghorn a été immédiate.

En lisant les deux lettres on s’aperçoit qu’effectivement la tension est élevée au CFCP et il est clair que des changements sont envisagés pour l’avenir.

J’avoue être d’accord avec l’estimation du CFCP de M. Ackman d’une `… société qui détient des atouts inestimables et des employés travaillants et très talentueux`.  Le PDG actuel et son équipe n’ont pas respecté les employés du CP et je suis aussi en accord avec M. Ackman qui affirme que : ‘…c’est la haute direction de la compagnie qui doit être modifiée, à savoir Fred Green…’

J’irais encore plus loin en suggérant que d’autres changements à la direction, des effectifs et à la culture pourraient nettement améliorer le CFCP.

Il reste à voir si le choix de Hunter Harrison comme prochain PDG est le bon.  Les opinions d’un grand nombre des membres syndiqués dans les rangs au CN sont négatives sur M. Harrison mais on peut dire la même chose su sujet de Fred Green au CFCP, qui n’a pas l’avantage d’être manifestement compétent comme M. Harrison.

Continuez de veiller à votre sécurité, demeurez forts et restez unis.

Bill Brehl

Président

CFTCDPEV

Le 3 janvier 2012

Mr. William A. Ackman

Pershing Square Capital Management, L.P.

888 Seventh Avenue

New York, NY 10019

 

Cher M. Ackman:

J’ai apprécié dialoguer avec vous et je suis optimiste quant à la poursuite de nos conversations sur les moyens par lesquels nous allons parvenir à une entente sur le redressement des intérêts du chemin de fer Canadien Pacifique.  Toutefois, au nom du conseil d’administration du CFCP j’aimerais adresser mes préoccupations à propos des récents reportages médiatiques et pour mettre les choses au clair sur les déclarations qui ont été attribuées à des ‘personnes familières avec la stratégie du fonds de Pershing Square Capital Management LP.  de New York.’  Les déclarations inexactes de Pershing Square qui sont parues dans le Globe and Mail vendredi dernier et dans d’autres médias dans le but de faire progresser ses propres objectifs sont très décevantes et tout à fait inopportunes.  (‘L’investisseur militant du CFCP considère l’ancien PDG du CN Hunter Harrison’).  Nous sommes troublés par les inexactitudes et les caractérisations erronées que l’on retrouve dans ces rapports.

Contrairement à des rapports médiatiques, y compris l’article du Globe and Mail, aucun membre du conseil d’administration du CFCP ‘n’a manifesté d’enthousiasme  au sujet de M. Harrison et n’a demandé à le rencontrer’  Nous n’avons transmis aucune invitation à M. Harrison, directement ou par l’intermédiaire de Pershing Square.

Quand Pershing Square a suggéré la nomination de M. Harrison pendant sa présentation à la compagnie, le CP a exprimé sa préoccupation  au sujet d’une telle embauche étant donné une clause de non-concurrence conclue entre M. Harrison et le CN qui l’empêcherait de se commettre au CP.  De plus, vous avez fait des déclarations pendant votre présentation et nos pourparlers ultérieurs au sujet des plans visant l’amélioration de la performance du CP mais vous avez avoué que vous n’aviez pas de plans élaborés par M. Harrison ou Pershing Square.

Nous avions l’impression d’avoir créé un dialogue constructif avec Pershing Square.  Pendant notre rencontre, le conseil vous a invité à nous joindre et sujet à votre accord à vous conformer aux procédures habituelles.  Comme vous me l’avez affirmé, Tony Ingram et Ed Harris sont un très bon choix pour notre conseil.    De plus, la nomination des deux directeurs a été très bien accueillie par les actionnaires, les clients et les employés.  En tant que membre prospectif du conseil, on s’attend à ce que vous travailliez de manière constructive avec les autres membres du conseil au nom de la compagnie et pour le bien de tous les actionnaires.

Le CFCP se concentre actuellement sur la maximisation de la valeur des actions à l’aide d’un engagement continu à fournir un excellent service à la clientèle  et en rehaussant le rendement des opérations, l’efficacité et la productivité.  Nos plans ont été mis en œuvre et nous sommes confiants que nous allons voir un ratio d’exploitation se chiffrant dans les bas 70 au courant des trois prochaines années.  Le CFCP détient une équipe de direction très forte et un conseil indépendant composé des directeurs qui ont une vaste gamme d’expérience dans le domaine des chemins de fer, de l’énergie, des ressources naturelles, de l’alimentation et de l’agriculture, en droit, en relations avec les gouvernements, dans les opérations bancaires et les finances.

Les informations divulguées dans les médias qui ne reflètent pas la réalité sont contre-productives et nous osons croire qu’elles ne sont pas attribuables à votre personne.  Cela étant dit, nous sommes prêts à poursuivre les pourparlers pour faire progresser les intérêts de la compagnie.

Je vous prie d’agréer, monsieur, l’expression de mes sentiments distingués.

John Cleghorn

Président du conseil d’administration

Le 3 janvier 2012

Cher M. Cleghorn,

En réplique à votre lettre que j’ai reçue par l’intermédiaire des médias ce matin, je me vois aussi troublé par les rapports erronés sur le chemin de fer Canadien Pacifique parus dans les médias.  Afin de mettre les choses au clair, ni moi-même ou tout autre représentant de Pershing Square n’avons fait de déclarations inexactes à la presse.  Cependant, votre lettre contient plusieurs déclarations erronées qui doivent être corrigées afin de déterminer clairement les faits pour les actionnaires du Canadien Pacifique.

Contrairement à votre déclaration dans la lettre selon laquelle personne au Canadien Pacifique n’aurait exprimé d’intérêt à rencontrer M. Harrison, le samedi suivant notre réunion du mercredi 2 novembre, vous m’avez appelé à la maison et vous m’avez demandé d’organiser une rencontre avec lui.  Ni vous ni le Canadien Pacifique avez exprimé une préoccupation au sujet du contrat de Hunter avec le CN.  C’est plutôt moi (pendant l’appel téléphonique du samedi et dans d’autres communications ultérieures) qui vous ai expliqué qu’une clause de non-concurrence empêchait Hunter de rencontrer ou de parler avec des représentants du Canadien Pacifique avant le 1er janvier 2010.

Contrairement à la déclaration que vous faites dans votre lettre que nous ‘admettons’ que vous n’avons pas de plans pour améliorer le rendement du Canadien Pacifique, nous soutenons que bien au contraire nous avons un plan qui vous a été distinctement présenté au courant de notre première rencontre et dans d’autres communications avec vous.  Notre plan est de transformer le Canadien Pacifique qui présente la pire performance en Amérique du Nord en une de ses sociétés ferroviaires les plus performantes en effectuant une transformation culturelle et opérationnelle qui commencerait avec un nouveau leader.

Grâce au programme d’exploitation ferroviaire précise de Hunter au CN, cette société ferroviaire reste encore la plus performante en Amérique du Nord, même depuis qu’il a pris sa retraite.  D’après nous, le Canadien Pacifique détient un potentiel  d’exploitation important qui n’a pas encore été développé et est une société avec des atouts irremplaçables avec des employés très talentueux et travaillants. Nous croyons, et nous pensons que la grande majorité des ses propres employés, actionnaires, analystes et d’autres parties intéressées partagent notre opinion que Hunter pourrait réaliser ce potentiel si on lui permettait d’établir un plan opérationnel discipliné et une culture axée sur la performance qui ne tolère pas les excuses.  Nous sommes d’avis que c’est à la plus haute direction de la compagnie que doivent être effectuées les modifications, à savoir Fred Green, pour enfin débloquer son potentiel considérable.

Hunter a déjà fait ses preuves et a des bons antécédents au Illinois Central et ensuite au CN.  On n’a qu’à consulter les rapports médiatiques pleins d’éloges et de compliments qui ont été publiés cette fin de semaine sur ses réussites pendant son mandat au CN pour réaliser la contribution qu’il pourrait faire au CFCP.

Hunter a inventé l’exploitation ferroviaire précise et a réussi à l’implanter au Illinois Central et au CN.  Il connaît intimement  les clients canadiens, les syndicats et les règlements pertinents.  Il est capable de se mettre immédiatement au travail et d’effectuer les transformations plus rapidement, mieux et avec moins de risques que tout autre candidat alternatif et incorporer les leçons qu’il a perçues des deux transformations précédentes.

Afin de pouvoir réussir Hunter doit avoir le soutien complet et l’appui du conseil d’administration.  C’est pour cette raison que nous avons demandé deux sièges au conseil pour que nous puissions travailler avec le conseil et Hunter pour effectuer les modifications requises.

Bien que je suis reconnaissant pour l’offre d’un siège au conseil, je ne suis pas prêt à signer ce que vous décrivez dans votre lettre les ‘procédures habituelles’.  Les soi-disant ‘procédures habituelles’ auxquelles vous faites référence prennent la forme d’une entente qui est une impasse qu’aucun autre dirigeant du CFCP n’a été demandé de signer et qui pourrait enrayer plusieurs de nos droits fondamentaux d’actionnaires.  Comme notre conseiller juridique a déjà expliqué au vôtre, je ne suis pas prêt à signer une entente qui va m’immobiliser et me démunir de ma capacité d’être un dirigeant efficace.

En autres choses, l’entente proposée m’oblige à voter toutes nos parts en faveur de chacun des candidats du conseil aux élections et de voter en accord avec les recommandations du conseil par rapport à toutes les propositions des actionnaires de la compagnie. Essentiellement, en échange d’un siège au conseil, on me demande d’appuyer les recommandations d’une majorité du conseil et la candidature de chaque directeur nul égard de mon opinion. Étant donné que notre fonds possède maintenant 14,2% des actions de l’entreprise et de sa sous-performance considérable au courant des dix dernières années, je refuse de me contraindre.

J’ai été déçu par le refus du comité nominatif de rencontrer l’autre directeur; il avait pris la peine de prendre l’avion avec moi de New York à Calgary un dimanche soir pour accommoder l’horaire du conseil.  Le refus du comité de rencontrer notre autre candidat m’a confirmé qu’il est impératif d’avoir plus qu’un seul représentant de Pershing Square au sein du conseil d’administration.

Heureusement, il y a un grand nombre de déclarations dans votre lettre avec lesquelles je suis absolument en accord.  En ce qui concerne Tony Ingram et Ed Harris, nous soutenons leur adjonction au conseil qui va bénéficier de la grande expertise qu’ils détiennent tous les deux dans l’industrie ferroviaire.

Je suis aussi d’accord que nos pourparlers ont été constructifs à ce jour.  Pour progresser encore plus j’aimerais organiser une réunion avec Hunter Harrison et notre autre candidat afin de permettre au conseil d’évaluer Hunter et ce deuxième candidat.  Nous et Hunter allons être disponibles pour vous rencontrer à une date et un endroit de votre choix.  Nous demandons seulement que cette réunion se tienne le plus rapidement possible.  Je ne peux pas m’imaginer qu’il y ait autre chose de plus important pour ce conseil étant donné les impératifs temporels qui nous affrontent.

Je m’attends à recevoir bientôt votre réponse.

Veuillez agréer, monsieur, l’expression de mes sentiments distingués,

William A. Ackman